Catégorie : Humeurs

Test de traduction : réussir ou échouer, quelle différence ?

Il y a un mois environ, une agence avec qui je travaille régulièrement me propose un test de traduction rémunéré pour un nouveau client.

Le client se plaint des traductions actuelles, jugées trop littérales. Il recherche donc de nouveaux prestataires.

On me propose de relever le défi !

J’accepte cette mission périlleuse, téméraire que je suis. Cette tâche semble facile aux premiers abords, mais c’est un parcours semé d’embûches. Oui, car à première vue, quoi de plus simple que de traduire 300 mots d’un texte bateau dans un délai confortable ? Il faut être lucide. Si on vous demande cette traduction, c’est qu’il y a anguille sous roche. Il y a toujours anguille sous roche ! Il suffit de gratter… pour ne pas tomber dans le piège.

Qui dit test, dit aucune familiarité avec le client et les produits et services qu’il propose. Souvent, aucun guide de style n’est fourni, seules quelques lignes sur le ton à adopter éclairent le traducteur, mais au final c’est plutôt « tu te débrouilles ! » (restons polis). Le client part du principe que les traductions vont être mauvaises, il veut que ça change. Il est au taquet, cette histoire va lui coûter un bras et donc, va pas falloir le chercher ! Bon courage !

Et puis, il y a aussi la question du retour. Plusieurs cas de figure :
– On échoue et on se pend (rien à ajouter, on peut pas être plus clair)
– On n’a plus jamais de nouvelle et le test de traduction tombe au fond des oubliettes (solution de facilité pour certains)
– On réussit, on est content, on mange des fajitas le soir pour fêter ça et puis on entendra plus jamais parler de ce client
– Dans le monde de Bernard et Bianca on réussit, on a un nouveau compte et des projets à la pelle !
– Dans le monde de Mickey, on rate le test de traduction et on reçoit plein de nouvelles commandes (fait assez rare cela étant).

Je m’exécute non sans élégance et une semaine après, le « feedback » arrive dans ma boîte de réception. Maman, j’ai peur !

Je demande à mon chéri de lire l’e-mail à ma place. Pourquoi fait-on ça ? Je me pose souvent la question.

Bonne nouvelle, le client est content ! Et un nouveau client dans ma la poche de l’agence, et un !

Attendez la suite de l’histoire avant de sabrer le champagne. Jusqu’ici, je n’ai pas encore dit bonjour à Bianca, mais j’ai quand même englouti mes fajitas (faut pas rater ça !).

Hier, je reçois un e-mail de la même agence, mais écrit par un autre chef de projet. Et là c’est le drame.

Maéva,
Nous avons reçu une nouvelle requête de la part de l’un de nos nouveaux clients. La traduction a déjà été attribuée, nous avons besoin d’un relecteur. Serais-tu disponible ? Pour info, je te joins un test de traduction que nous avions réalisé et qui a plu au client. MERCI DE RESPECTER ATTENTIVEMENT le style et les tournures de phrase. Attention : le client est très pointilleux.

La bonne blague.

Je vérifie le test.

C’est bien le mien. Ah bah bravo !

Je m’extasie quelques minutes devant le texte. « Oh, c’est tout moi ça ! »

Passant des rires aux larmes, je rouspète toute seule face à mon écran et je réponds avec une pointe d’ironie (notez l’utilisation subtile du smiley) :

Salut Jeannot (nous l’appellerons ainsi),

Bien sûr que je connais ce compte, c’est moi qui ai réalisé le test que tu m’as envoyé en pièce jointe :-)
Comment aurais-je pu oublier ce feedback positif ? Ce genre de nouvelle fait toujours plaisir et ce n’est pas tous les jours qu’on en reçoit ! Je suis un peu surprise par contre de n’avoir pas été choisie pour la traduction :-) »

J’accepte, bonne soldate, la relecture, mais avec une grande frustration. On fait appel à des traducteurs pour livrer un test qui balance et si le contrat est signé, on choisit d’autres prestataires. Qui fait ça ? L’agence prend un gros risque mais préfère l’aspect financier, le court terme. Et si le client s’en apercevait ? Le chef de projet s’excusera quelques minutes plus tard, et prétextera un mal de tête (?).

La faute n’est pas à mettre sur le compte du chef de projet et puis c’est vrai, un mal de tête, c’est contraignant ! :-) Je m’inquiète plutôt de l’émergence de ces énormes agences de traduction qui aujourd’hui voient les traducteurs comme des numéros et non plus comme des personnes. Je préfère donc travailler avec des agences à taille humaine qui ne s’amusent pas à jouer avec le feu (et il en existe fort heureusement).

Deçu

Et vous, vous réalisez souvent des tests de traduction ?

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Les jours fériés du mois de mai en France

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette année on n’arrête pas de nous bassiner avec les jours fériés qui coûtent soi-disant cher à la France, sous prétexte qu’il y en a deux qui tombent l’un à la suite de l’autre.

Soit. Commençons par un point, un seul. J’ai le regret d’annoncer à ces chers amis journalistes qu’Alzheimer les guette. Dois-je leur rappeler qu’en 2011, le 1er mai et le 8 mai étaient des dimanches et que cette année encore, le 14 juillet tombe un week-end ? C’est donnant-donnant. J’en ai assez de les entendre dire qu’il y a « trop » de jours fériés en France. Il suffit de jeter un œil à nos voisins européens. En Angleterre, le printemps est synonyme de jours fériés (les fameux bank holidays) : le lundi qui suit le 1er mai est férié, tout comme le dernier lundi du mois de mai pour fêter le printemps, sans parler du vendredi qui précède le lundi de Pâques… qui lui aussi est chômé. En Allemagne, même si les jours fériés varient sensiblement d’un land à un autre, la situation est quasiment équivalente.

Je dis oui aux jours fériés parce que tout le monde n’a pas la chance d’avoir mille journées de RTT par an

Pour ma part, j’ai décidé de ne pas travailler le 1er mai. Jamais je ne le ferai, c’est une question de valeur, de principe… ça serait vendre mon âme au diable !

Par contre, cette semaine, je n’ai pas réfléchi une seule seconde. Trois jours chômés sur un mois, la note commencerait à être salée, surtout que je n’éprouve pas le besoin physique de ralentir la cadence… C’était donc arbeit arbeit !

Mon choix a payé. Trois agences, sensibles à tant de dévouement, ont fait appel à mes services. Pour commencer, j’ai accepté une traduction pour un client régulier. J’ai également été contactée par une ancienne connaissance devenue chef de projet dans une agence de traduction et qui est tombée par hasard sur mon CV dans sa base de données. C’est peut-être le début d’une nouvelle aventure ! Enfin, je me suis mise à conquérir la Corée avec une agence qui recherchait un traducteur français pour une mission urgente. Là aussi, j’espère que cette prise de contact débouchera sur une relation solide à l’avenir.

Jour férié oblige, l’activité tourne tout de même au ralenti. Avec la pression qui relâche, j’ai pris le temps de réfléchir à mes vacances d’été, de boucler mes réservations de vols et d’hébergement. J’ai également refait mon site et mon blog et j’ai même commencé à m’intéresser à la création d’une page Facebook professionnelle.

Bilan des courses : j’ai travaillé sur des projets qui sortaient de l’ordinaire, satisfait la requête d’un client fidèle, établi de nouveaux contacts, peaufiné mon image sur le net, pensé à l’avenir et aux vacances !

Même le chat, que j’ai gardé ces deux jours, semble être tout à fait d’accord avec mon point de vue.

Et la vraie bonne nouvelle dans toute cette histoire, c’est que demain soir c’est… week-end !

Et vous, vous avez fait quoi ces deux jours ?

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