Catégorie : Traduction (page 1 sur 3)

10 questions que vous rêvez de poser à votre ami traducteur

Le traducteur est un métier bien mystérieux. Il travaille chez lui dans sa grotte, sort peu, mais voyage tout le temps. Comment fait-il ? Voici donc les dix questions que vous avez toujours voulu poser à un traducteur et leurs réponses…

Combien tu gagnes en tant que traducteur ?

Vaste sujet, mais ô combien croustillant. Difficile de répondre à cette question, car il y a traducteur et traducteur. On peut dire que nous gagnons entre 1 500 et 4 000 euros par mois nets. La rémunération diffère du statut. Par exemple, en autoentreprise, les charges sont plus faibles qu’en société, le salaire peut ainsi très vite monter à 1 800 euros nets par mois (vacances comprises). Le travailleur indépendant, lui, devra travailler plus ou trouver de meilleurs clients pour parvenir à la même rémunération pour le même nombre de mots traduits. Le salaire dépend donc aussi du type de clients (ils paient plus ou moins bien) et du nombre de mots traduits chaque mois. Plus on travaille, plus on gagne.

Comment commences-tu ta journée ?

Alors en général, le traducteur se lève et allume son ordinateur puis commence à travailler. Après une heure, il fait une pause « douche/petit déjeuner », s’habille (eh oui il ne travaille pas toute la journée en pyjama) et reprend le travail.

Pourquoi tu traduis vers le français ? C’est nul !

Les gens sont souvent déçus quand on leur dit qu’on traduit vers le français. Un traducteur professionnel traduit toujours vers sa langue maternelle, c’est dans le code de déontologie des traducteurs. C’est bien simple, le jour où vous souhaitez que votre livre soit écrit en anglais, quoi de plus naturel que de faire appel à un Anglais ? C’est pareil pour le français. Pour que le texte restitué soit parfait, rien de tel qu’un natif.

Quels sont tes horaires de travail ?

Ou « C’est génial tu peux te lever à 10 heures ! ». Dans l’absolu, oui, nos horaires sont souples. En pratique, c’est différent. Nous travaillons avec des clients qui ont des horaires de bureau standard. Du coup, pour être joignable et pour communiquer avec eux, il est préférable de travailler aux mêmes horaires. Donc nos horaires sont normaux (désolés de te décevoir !).

Où travailles-tu ?

Depuis que nous sommes trois, je n’ai plus de pièce spéciale pour mon travail. J’ai hésité entre installer mon bureau dans le salon ou la chambre. Finalement, j’ai choisi la deuxième option. De cette façon, pendant ma pause à midi je décompresse loin du PC et le soir je ne l’ai plus en face de moi. Et la nuit, je dors !

Comment on te rémunère ?

Mes clients sont réguliers donc en général, ils m’envoient un bon de commande pour une traduction. J’exécute le travail, leur livre dans le délai imparti. En fin de mois, j’établis une facture mensuelle de tous les travaux exécutés au cours du mois. Le client doit me payer sous 30 jours (donc si je traduis en décembre, on me paie fin janvier).

Tu n’as pas peur de te faire remplacer par Google ?

Oui, Google traduction et les autres machines du genre veulent remplacer le traducteur humain qui coûte cher et qui est lent. Je n’ai pas peur, car la traduction automatique (de Google donc) a toujours besoin d’une relecture exécutée par nos soins pour qu’elle soit correcte. Et puis, soyons honnêtes, vous iriez faire traduire votre livre ou votre site par Google Traductions ? Vous trouveriez ce choix vendeur ? Je ne pense pas. Je serais très contente que Google nous remplace pour les tâches de traduction ingrates comme celles de certains manuels ou contrats, mais les traductions créatives, idiomatiques et stylistiques ne pourront jamais être remplacées par Google. La traduction automatique s’appuie sur des faits. La traduction humaine, sur des pensées.

As-tu une vie sociale ?

La grande question des parents. Oui, travailler sur son ordinateur toute la journée en solo n’est pas l’idéal pour draguer. Mais le métier de traducteur nécessite beaucoup de calme et il est impossible de l’exercer « en société ». Pour éviter de me faire manger par mon chat, je me force à sortir au moins une fois par jour. J’ai également une activité à l’extérieur avec de vraies gens. Et j’ai aussi des amis ! Donc oui, j’ai une vie sociale. La différence avec un travailleur en entreprise, c’est qu’au lieu de la subir (collègues à supporter), je la choisis.

Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des retours négatifs sur ton travail ?

Oui, la traduction n’est pas une science exacte. Quand on écrit un texte, on y met de sa personne. Et cela ne plaît pas forcément au client, qui a une histoire, des émotions, des connaissances tout à fait différentes. Il arrive parfois que le client n’ait pas aimé ma traduction. Il faut l’accepter et ne pas prendre ses remarques personnellement. C’est l’occasion d’améliorer sa technique (quand la critique est justifiée bien sûr).

Est-ce que tu ne t’ennuies pas trop ? Tu veux pas venir avec moi chez Ikea ?

La traduction est une vocation. J’étais passionnée par la littérature et les voyages. Le métier de traducteur me permet de voyager par l’écriture. Je ne m’ennuie jamais. Certes, il y a des périodes où les projets manquent d’originalité, se suivent et se ressemblent. Mais comme dans tout métier, je suppose. Après tout, si la traduction était toujours agréable, on ne nous paierait pas. Aujourd’hui, quand je compare ma vie avec celle de mes proches, je me dis que ce métier colle à ma peau. J’aime le changement en règle générale mais si je veux du neuf, ce ne sera pas sur le plan professionnel.

Alors, heureux ? 

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Bonjour 2015, en avant les résolutions du traducteur !

 

En ce 1er janvier, je vous souhaite à tous une très belle année 2015 ! Que cette nouvelle année soit riche en nouveaux projets, en nouvelles perspectives et en beaux défis à accomplir pour votre petite entreprise ! Chez moi, on ne perd pas de temps et on dresse tout de suite la liste des bonnes résolutions pour tous les traducteurs. Les tiendrez-vous ?

Best of des résolutions

– Arrêter de regarder des films en VO avec les sous-titres si c’est pour râler sur les erreurs de traduction (autant ne pas mettre les sous-titres)
– Ne plus penser qu’une personne qui fait des fautes d’orthographe est une mauvaise personne. Faire preuve d’un peu plus d’indulgence et de tolérance
– Ne plus bannir de sa vie une collection sous prétexte qu’on a trouvé des fautes d’orthographe dans l’un de ses ouvrages (ex : la collection « Les nuls »)
– Ne plus reporter au lendemain la séance de facturation
– Voyager, voyager, voyager et rester curieux sur le monde
– Ne pas attendre le dernier moment pour poser ses questions concernant les traductions en cours
– Mettre à jour son CV, ses profils sur les annuaires de traducteurs et son site Web
– Ne plus cliquer sur « Plus tard » en cas de notification de mise à jour d’Adobe Reader
– Sauvegarder tous les mois le contenu de son PC, et non toutes les morts d’évêque
– Lire, lire, lire et ne pas buller devant « Recherche appartement » le soir
– Apprendre une nouvelle langue étrangère (l’espagnol pour moi !) ou réviser les langues qu’on utilise moins au quotidien
– Ne plus râler sur les bogues de SDL Studio et être indulgent vis-à-vis des agences qui utilisent ad vitam æternam Tag Editor
– Ne plus râler sur les taxes et les payer sans sourciller (de toute manière le fait est là alors autant consacrer son énergie à des choses plus importantes)
– Ne plus froncer les sourcils quand on entend « après qu’il ait »
– Ne plus faire d’insomnies quand on a peur de livrer sa traduction en retard. Après tout, on arrive toujours (ou presque) à tenir les délais, donc pas de stress
– Et si les gens aiment bien dire « ceci dit » au lieu de « cela dit », les garder quand même dans son cœur :-)

Encore une fois, je vous souhaite à tous, traducteurs ou pas, de passer une excellente année 2015, de mener à bien vos projets, de prendre des risques, de faire des erreurs et d’oser sortir de votre zone de confort.

Et vous, quelles sont vos résolutions ?

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J’ai besoin de traduire un texte, qui peut m’aider ?

Vous avez besoin de traduire un texte et vous ne savez pas par où commencer ni à qui vous adresser. Cet article est fait pour vous.

Dans la « vraie vie », j’entends par là, le monde déconnecté, on me demande toujours de traduire un texte vers l’anglais ou l’italien. Or, au risque de me répéter, un traducteur travaille toujours vers sa langue maternelle, la langue dite « cible ». C’est assez logique quand on y pense : imaginez, vous avez envie que votre travail soit parfaitement écrit en anglais. Quoi de plus naturel que de faire appel à un Anglais pour répondre à votre demande ? Inversement, si un Anglais a besoin que son site soit traduit en français, pourquoi se tournerait-il vers un Anglais plutôt qu’un Français ?

Pour faire appel à un traducteur, plusieurs approches s’offrent à vous. La plus simple : chercher dans l’annuaire (ou sur Google) l’agence de traduction la plus proche de chez vous. Elle constitue un intermédiaire entre les traducteurs et le client (vous, que vous soyez une entreprise ou un particulier). Vous lui confiez votre document à traduire, elle se charge de trouver le traducteur le plus habilité à répondre à votre demande, en fonction des langues source et cible évidemment, mais aussi du domaine de spécialité. En effet, si le document relève du domaine juridique et si la traduction doit avoir une valeur officielle (un diplôme par exemple), il vous faudra obligatoirement passer par un traducteur « assermenté ».

Cette solution, solution de facilité appelons-la comme cela, est la plus coûteuse. En effet, vous allez devoir payer et le fournisseur de services (= le traducteur) et l’intermédiaire (= l’agence).

La deuxième option qui s’offre à vous est de vous affranchir de l’agence de traduction et de trouver vous-même votre traducteur. Vous réaliserez des économies mais vous allez devoir accomplir le travail de l’agence, c’est-à-dire prendre le temps de trouver un traducteur adapté au document que vous allez faire traduire. Comme vous pouvez tomber sur n’importe qui, n’importe quoi (la traduction ne faisant pas partie des professions réglementées), vous prenez un risque.

Si vous souhaitez donc travailler en direct avec un traducteur pour traduire un texte, plusieurs annuaires existent. Tout d’abord, le site de la SFT, la société française des traducteurs, qui recense les traducteurs exerçant officiellement. Il y a aussi l’annuaire PROZ, où des milliers de professionnels de la traduction (traducteurs, réviseurs, interprètes, acteurs de voix off, etc.) sont inscrits. Enfin, les Pages jaunes constituent également une source intéressante.

En conclusion, même si le choix de passer par une agence de traduction est l’option la plus coûteuse, elle est la plus fiable car vous aurez affaire à des spécialistes qui se chargeront de trouver le meilleur traducteur à votre place. Vous aurez aussi la possibilité de payer un service complémentaire de relecture, c’est-à-dire que la traduction sera relue par un deuxième linguiste pour vérifier sa cohérence et sa qualité.

En revanche, si vos moyens sont limités, vous pouvez faire directement appel à un traducteur, mais il faudra prendre un peu de temps pour trouver la perle rare. Ce choix dépend de vos moyens, certes, mais aussi de la finalité de votre traduction : s’il s’agit d’un usage interne exclusivement, il n’est peut-être pas nécessaire de passer par une agence. A l’inverse, si c’est votre vitrine commerciale qui est en jeu, la traduction d’un site Web dans le cadre de l’internationalisation de votre marque par exemple, ou un contenu imprimé en plusieurs exemplaires, mieux vaudra alors se tourner vers la première option, sans doute la plus fiable.

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Réponses à une traductrice qui souhaite démarrer son activité

J’ai récemment reçu quelques questions d’une traductrice qui, après plusieurs années passées en agence, a décidé de sauter le pas et de démarrer son activité. J’ai pensé que cette série de questions-réponses pouvait être utile pour toutes les personnes qui souhaitent se lancer, ou pour les étudiants qui hésiteraient à devenir indépendants une fois leur diplôme en poche.

Démarrer son activité : questions-réponses

– As-tu fixé tes prix avant de démarrer ? Sur quelle base ? Je pense pouvoir demander plus maintenant avec l’expérience que j’ai acquise en agence mais je voudrais aussi être sur le prix du marché…

Oui, j’ai fixé mes prix avant de démarrer. Personnellement, j’ai calculé mes prix sur le salaire mensuel que j’espérais obtenir après cinq années d’étude et à présent plusieurs années d’expérience. En agence, les prix sont souvent tirés vers le bas, l’idée est d’essayer de trouver des clients directs par la suite pour améliorer son rendement. En direct, comme il n’y a pas d’intermédiaire, c’est directement dans ta poche. Petite astuce : comme l’agence te demandera certainement de baisser ton prix au départ, demande un peu plus. Tout est dans l’art de la négociation aussi, et ça s’apprend. Il faut arriver à fixer un prix ni trop bas ni trop élevé. Pour fixer le prix, il suffit de calculer le nombre de mots que tu comptes traduire par jour puis par mois (en tenant compte des heures « mortes » passées à facturer, prospecter, gérer l’admin, etc.). Soustraie les charges pour calculer ton salaire en net. Il existe aussi un outil de calcul des tarifs pratiqués sur ce site : http://search.proz.com/employers/rates.

– As-tu un compte bancaire spécial pour ton activité ?

Non, car ce n’est pas obligatoire quand tu es autoentrepreneur. Ton banquier va peut-être vouloir te vendre un compte pro, mais avec ce régime, rien ne t’y oblige. Il faut compter minimum 50 euros par mois pour quels avantages ? À part une administration plus simple de ton budget, ça ne vaut pas forcément le coup. Par contre, crée-toi un compte PayPal : si tu dois travailler avec des clients hors UE, tu vas payer des frais bancaires exorbitants. Avec PayPal, c’est moins cher. Et puis créer le compte ne te coûte rien et aura l’avantage de plaire à certains clients qui plébiscitent ce moyen de paiement.

– La création d’une page Web est-elle nécessaire ? Est-ce que c’est payant quand c’est sous forme de blog ?

Pour trouver des clients, l’essentiel est de maximiser sa visibilité pour qu’on te trouve. Après, avoir un site statique n’est pas très intéressant car il ne sera jamais mis à jour et bien souvent obsolète. C’est un peu comme une vitrine de magasin. Le client la voit mais ne va pas forcément entrer ni acheter quoi que ce soit. Je te conseille plutôt de créer un profil sur les annuaires de traducteurs comme Proz et de t’inscrire à Twitter/FB pour réseauter avec les traducteurs et agences. Avec Twitter, tu vas pouvoir entrer en contact avec de nombreux professionnels comme toi, et te faire connaître voire tisser des liens. Si tu as le temps pour un blog, c’est aussi une bonne solution, mais il faut anticiper la charge de travail qui t’attend. Un site est payant si tu as une adresse en .com, .fr etc. (= un nom de domaine), mais le prix n’est pas très élevé (30 euros par an). Pour franchir le cap, tu peux te référer à des hébergeurs tels qu’OVH.

– As-tu acheté des livres spéciaux genre « comment devenir traducteur indépendant ?

J’ai lu et continue à lire de nombreux blogs sur la question et c’est vraiment utile. J’ai aussi acheté des livres sur le marketing et la prospection car ce sont des compétences que je n’avais jamais apprises ni à l’université ni en stage. Pour commencer, je te conseille un ouvrage rempli d’astuces pour se lancer : c’est un peu la bible des traducteurs qui souhaitent créer leur entreprise. Il s’agit du livre How to succeed as a freelance translator de Corinne McKay. – Es-tu inscrite à des associations de traducteurs ? Non, mais j’y compte bien. Pour le moment, je suis inscrite sur Proz et j’ai un compte « pro », qui me permet de connaître la réputation des agences avant de travailler avec elles (mauvais payeurs par ex.) pour éviter les arnaques. J’ai aussi accès à un système intégré de facturation qui me permet de gérer ma facturation simplement et de ne pas passer à côté des impayés ou retards. Je te le conseille les premières années, même si c’est un peu cher.

– Quels logiciels me conseilles-tu d’avoir pour me lancer ?

Je te conseille SDL Studio 2015 (c’est la dernière version). Si tu as la version 2011 ou 2014, tu devras acheter une mise à jour et non la version complète (aucune mise à jour possible depuis la version 2009). C’est beaucoup moins cher. Je ne conseille pas de « cracker » les logiciels. Tu ne le sais peut-être pas encore, mais il est courant que les agences de traduction fournissent une licence gratuite pour travailler avec un logiciel particulier. Si la relation avec l’agence s’intensifie, il est intéressant d’investir dans le logiciel en question. Le nombre de projets que tu auras réalisés te permettra largement de couvrir cet achat. Personnellement, j’aime beaucoup MemoQ. Je pense que la question du logiciel de traduction est aussi une affaire de goût.

– Normalement, mon père connait quelqu’un qui peut m’assembler un ordi pour moins cher que sur le marché, par contre, il met une version similaire à « Titan », apparemment c’est reconnu par Microsoft et tu peux quand même faire les mises à jour mais ça m’inquiète quand même un peu, qu’en penses-tu ? En plus le but serait de me servir de ma licence Trados dessus donc je ne voudrais pas que ça bugue…

Je pense qu’il vaut mieux avoir un Windows officiel, c’est la base ! Ce n’est pas si cher que ça et puis c’est plus sûr. Les agences demandent souvent avec quelle version de Windows tu travailles. Si tu réponds « titan », ça ne fait pas très pro. Et imagine que cette version soit retirée du jour au lendemain, ou qu’elle contienne des virus ? C’est un peu dommage pour une activité à temps plein. Il est hélas assez cher de travailler avec des versions officielles de logiciels quand on commence. Je conseille vivement d’acheter les logiciels bureautiques, et en particulier les logiciels de traduction et ta version de Windows (ou autre d’ailleurs). Dans le cas contraire, tu peux avoir des problèmes, mais comme beaucoup de monde j’imagine.

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Test de traduction : réussir ou échouer, quelle différence ?

Il y a un mois environ, une agence avec qui je travaille régulièrement me propose un test de traduction rémunéré pour un nouveau client.

Le client se plaint des traductions actuelles, jugées trop littérales. Il recherche donc de nouveaux prestataires.

On me propose de relever le défi !

J’accepte cette mission périlleuse, téméraire que je suis. Cette tâche semble facile aux premiers abords, mais c’est un parcours semé d’embûches. Oui, car à première vue, quoi de plus simple que de traduire 300 mots d’un texte bateau dans un délai confortable ? Il faut être lucide. Si on vous demande cette traduction, c’est qu’il y a anguille sous roche. Il y a toujours anguille sous roche ! Il suffit de gratter… pour ne pas tomber dans le piège.

Qui dit test, dit aucune familiarité avec le client et les produits et services qu’il propose. Souvent, aucun guide de style n’est fourni, seules quelques lignes sur le ton à adopter éclairent le traducteur, mais au final c’est plutôt « tu te débrouilles ! » (restons polis). Le client part du principe que les traductions vont être mauvaises, il veut que ça change. Il est au taquet, cette histoire va lui coûter un bras et donc, va pas falloir le chercher ! Bon courage !

Et puis, il y a aussi la question du retour. Plusieurs cas de figure :
– On échoue et on se pend (rien à ajouter, on peut pas être plus clair)
– On n’a plus jamais de nouvelle et le test de traduction tombe au fond des oubliettes (solution de facilité pour certains)
– On réussit, on est content, on mange des fajitas le soir pour fêter ça et puis on entendra plus jamais parler de ce client
– Dans le monde de Bernard et Bianca on réussit, on a un nouveau compte et des projets à la pelle !
– Dans le monde de Mickey, on rate le test de traduction et on reçoit plein de nouvelles commandes (fait assez rare cela étant).

Je m’exécute non sans élégance et une semaine après, le « feedback » arrive dans ma boîte de réception. Maman, j’ai peur !

Je demande à mon chéri de lire l’e-mail à ma place. Pourquoi fait-on ça ? Je me pose souvent la question.

Bonne nouvelle, le client est content ! Et un nouveau client dans ma la poche de l’agence, et un !

Attendez la suite de l’histoire avant de sabrer le champagne. Jusqu’ici, je n’ai pas encore dit bonjour à Bianca, mais j’ai quand même englouti mes fajitas (faut pas rater ça !).

Hier, je reçois un e-mail de la même agence, mais écrit par un autre chef de projet. Et là c’est le drame.

Maéva,
Nous avons reçu une nouvelle requête de la part de l’un de nos nouveaux clients. La traduction a déjà été attribuée, nous avons besoin d’un relecteur. Serais-tu disponible ? Pour info, je te joins un test de traduction que nous avions réalisé et qui a plu au client. MERCI DE RESPECTER ATTENTIVEMENT le style et les tournures de phrase. Attention : le client est très pointilleux.

La bonne blague.

Je vérifie le test.

C’est bien le mien. Ah bah bravo !

Je m’extasie quelques minutes devant le texte. « Oh, c’est tout moi ça ! »

Passant des rires aux larmes, je rouspète toute seule face à mon écran et je réponds avec une pointe d’ironie (notez l’utilisation subtile du smiley) :

Salut Jeannot (nous l’appellerons ainsi),

Bien sûr que je connais ce compte, c’est moi qui ai réalisé le test que tu m’as envoyé en pièce jointe :-)
Comment aurais-je pu oublier ce feedback positif ? Ce genre de nouvelle fait toujours plaisir et ce n’est pas tous les jours qu’on en reçoit ! Je suis un peu surprise par contre de n’avoir pas été choisie pour la traduction :-) »

J’accepte, bonne soldate, la relecture, mais avec une grande frustration. On fait appel à des traducteurs pour livrer un test qui balance et si le contrat est signé, on choisit d’autres prestataires. Qui fait ça ? L’agence prend un gros risque mais préfère l’aspect financier, le court terme. Et si le client s’en apercevait ? Le chef de projet s’excusera quelques minutes plus tard, et prétextera un mal de tête (?).

La faute n’est pas à mettre sur le compte du chef de projet et puis c’est vrai, un mal de tête, c’est contraignant ! :-) Je m’inquiète plutôt de l’émergence de ces énormes agences de traduction qui aujourd’hui voient les traducteurs comme des numéros et non plus comme des personnes. Je préfère donc travailler avec des agences à taille humaine qui ne s’amusent pas à jouer avec le feu (et il en existe fort heureusement).

Deçu

Et vous, vous réalisez souvent des tests de traduction ?

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