Vous voilà lancé, vous avez monté votre boîte de traduction et vous vous demandez à présent comment baptiser votre affaire. Cette étape ne doit pas être prise à la légère car votre nom, c’est aussi le point de départ de toutes les relations que vous allez créer avec vos clients.

Dans le secteur de la traduction, on commence généralement son activité tout seul, en véritable « freelance ». Partant de là, il va de soi de baptiser son entreprise à son nom. Cette stratégie évite les démarches coûteuses et fastidieuses d’inscription au registre des entreprises et confère une touche personnelle à laquelle les clients sont attachés quand ils sont à la recherche d’une personne freelance.

Toutefois, on ne sait jamais ce qui arrivera demain et une entreprise est née pour se développer. Qu’arrivera-t-il si un jour vous souhaitez externaliser des missions de traduction ? Si demain, vous souhaitez avoir un nom plus générique pour ajouter de la crédibilité à votre affaire devenue petite entreprise de traduction de plusieurs collaborateurs ? Et après-demain, si vous voulez vendre ?

Utiliser son nom de famille, tout simplement

C’est sans doute la solution la plus facile au départ. Quand on est freelance, on travaille seul (en général) et la relation qu’on entretient avec ses clients, qu’il s’agisse de clients directs ou d’agences, est assez étroite. Si une personne contacte votre petite entreprise, elle s’attend à traiter avec vous directement, et pas à un employé. C’est un peu la spécificité du freelance.

Par ailleurs, c’est aussi une solution de convenance quand cela fait des mois qu’on cherche un nom original et qu’on n’a ni le temps ni l’imagination de trouver quelque chose qui « claque ». Dans ce cas, n’hésitez pas à en parler autour de vous, à tester vos trouvailles auprès de vos proches et de vos collègues pour fourmiller d’idées. Si vous n’êtes vraiment pas doué pour ça, adressez-vous à des professionnels dont c’est le métier.

Le choix de baser son entreprise sur son nom présente quelques inconvénients, et pas des moindres. Tout d’abord, si votre nom est très répandu (Durand !), la touche personnelle propre au freelance risque d’être impactée. Pire encore, un traducteur homonyme connu pour ses maladresses, rôde peut-être parmi nous. Deuxièmement, votre nom n’est peut-être pas très « sexy » ni vendeur. Pas facile de véhiculer une image de professionnel quand on s’appelle Kronenbourg par exemple (désolée pour tous les Kronenbourg qui lisent cet article !). Enfin, n’oublions pas que nous travaillons dans un secteur particulier, celui de la traduction, où nous sommes en contact permanent avec des personnes de langues et cultures différentes. Si votre nom est imprononçable ou très long, vos prospects pourraient ne pas s’en souvenir.

Créer un nom de toute pièce

C’est la deuxième solution qui s’offre à nous autres traducteurs. Plusieurs tactiques existent pour inventer un nom qui marche. L’idée, c’est que votre nom soit porteur de sens. Il doit véhiculer votre personnalité et ce que vous pouvez apporter à votre client. Dans le secteur des langues, il peut faire référence à des langues de travail, des domaines de spécialité ou des services. Il faut que votre nom fasse rêver, qu’il soit concis et que le prospect puisse avoir une idée de ce que vous proposez directement. Droit au but ! Comme ils disent.

Quelques erreurs doivent être néanmoins évitées. Premièrement, ne fondez pas votre nom sur votre emplacement géographique. On ne sait pas ce que la vie nous réserve, et il pourrait vite devenir obsolète. Évitez les « Azur Traductions » si vous êtes en méditerranée, ou « Atlantique Touch » si vous êtes à Nantes. Imaginez que vous déménagiez un jour. Un « Chti trad » ne serait pas très vendeur à Marseille !

Le deuxième piège, c’est de choisir un nom courant ou pompeux. Vous n’êtes pas le premier à vous lancer dans l’aventure de la traduction. Un « Oui Translate », c’est chouette, mais c’est déjà pris. Si vous êtes maître des bons mots, mettez vos talents de côté, au plus grand bonheur de votre famille, chaque dimanche midi. L’humour ne renvoie pas une image très sérieuse. Et pour savoir si le nom que vous avez inventé est libre, allez faire un tour sur le site du Registre du commerce et des sociétés.

Pour vous aider, plusieurs techniques s’offrent à vous. Tout d’abord, vous pouvez vous aider d’un morphème. C’est l’unité de sens la plus petite dans un mot. Par exemple, en traduction, le morphème peut être « trad ». Tout de suite, quand on entend trad, on sait de quoi on parle, même  si on n’a pas inventé l’eau chaude. De là, vous pouvez dénicher une multitude d’appellations en phase avec votre activité : tradéo, alcatrad, tradurand, allotrad… etc.

Vous pouvez aussi créer votre nom à partir d’une caractéristique de votre personnalité que vous souhaitez mettre en avant. Imaginons que vous avez un chiot. Vous n’allez pas l’appeler de la même façon suivant sa race, si c’est un rottweiler ou un chihuaha (je vois mal un rottweiler s’appeler Chanel !). Pour votre marque, c’est pareil. Que voulez-vous mettre en avant ? Votre prix ? Votre expertise ? Vos langues ? Quelques exemples : Efficience traductions. ENFR Trans, Tradcost, Quick Trans, Traduisons !, Sports Translations, etc.

Inclure un mot-clé dans votre nom va vous donner une meilleure visibilité sur Internet et notamment sur les moteurs de recherche. Si vous incluez « Traductions » dans votre nom de domaine, inévitablement vous allez monter dans les rangs de Google (ce n’est pas la seule tactique, loin de là, mais disons que c’est un petit coup de pouce pour le référencement). Pensez-y !

Un nom selon ses envies et ses projets personnels

Pour un traducteur, le plus simple est d’abord de commencer à se constituer une petite réputation sur ses qualités de traduction dans son domaine de spécialité et de se faire connaître. L’objectif quand on commence, c’est de se faire un nom, plutôt que d’en créer un. Si vous débutez en autoentrepreneur, vous n’avez pas besoin de vous inscrire au registre des sociétés, et vous pouvez faire des économies qui sont les bienvenues quand on débute une activité.

Après, si votre objectif est de développer votre affaire au niveau local en embauchant du personnel et en externalisant les missions, viendra le moment de chercher une appellation plus générale pour votre entreprise. En effet, et en B2B plus particulièrement, les prospects vont être interpellés par un nom générique, qu’ils vont juger plus crédible pour une agence ou société de traduction. Le nom d’une personne seule fera tout de suite penser à un freelance qui ne peut pas forcément répondre à des besoins de traductions volumineux ou impliquant plusieurs langues. De plus, si un jour, vous souhaitez vendre votre affaire, les processus de modification de nom sont longs et décourageants. Votre repreneur ne voudra sûrement pas posséder une entreprise, surtout si elle s’appelle « Kronenbourg production » !

C’est donc toutes ces questions que vous devez vous poser à cette étape de création de votre entreprise. C’est en fonction de votre parcours et de vos aspirations personnelles que vous pourrez choisir ou non de créer un nom de toute pièce ou de garder votre nom de famille.

Pour ma part, j’ai choisi mon nom. Il faut dire qu’il remplit tous les critères d’acceptabilité : il est doux, simple à retenir, pas trop répandu et court. Bonnes recherches !

À propos de Maeva

À propos de l'auteur : je suis traductrice freelance depuis 2010. Vous aimez mon blog ? Retrouvez-moi sur ma page Facebook ou mon compte Twitter !

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