Le passage d’autoentrepreneur à société

Voilà une bonne chose de faite. J’ai quitté le statut confortable et pratique de l’autoentrepreneur pour celui de société. Aujourd’hui, mon bébé est devenu entreprise, c’est une SARL. Au fond, cela ne change pas grand-chose à ma petite vie de traductrice, c’est juste que j’ai plus de souplesse au niveau de ma facturation (entendez par là : je peux facturer plus et donc gagner plus !).

Le passage d’autoentrepreneur à celui de société n’a pas été de tout repos.

Pour commencer, j’ai fait face à ce que je hais par-dessus tout : la paperasse administrative. Il a fallu choisir un expert-comptable. J’ai eu le plaisir de rencontrer quatre spécimens avant de trouver le professionnel qui a su répondre à mes attentes (modestes, d’ailleurs).

J’ai eu affaire à quelqu’un qui ignorait qu’un autoentrepreneur avait droit à des indemnités de congé maternité… un autre qui m’invitait dès le premier rendez-vous à facturer mes voyages et mon champagne aux frais de la société sans aucun problème… Un pédant qui me conseillait de changer de métier car mes tarifs étaient « miséreux »… Alors, à part une ressemblance surprenante avec Jude Law, je ne voyais aucun argument concret me démontrant que je devais collaborer avec l’un de ces trois loustics. Finalement, j’ai trouvé l’expert-comptable « de rêve » à la chambre des métiers. Entendez : un professionnel qui m’a fait bonne impression et qui avait l’air de maîtriser son sujet.

Ensuite, il a fallu prendre rendez-vous avec un banquier pour ouvrir un compte professionnel (après différentes recherches, j’apprendrai plus tard que le caractère professionnel n’est pas obligatoire). Je ne m’attarderais pas sur le sujet des banquiers (je ne les porte pas dans mon cœur, disons). Mais tout de même, attendre un mois pour faire trois clics et ouvrir un compte en ligne, il y a de quoi s’inquiéter.

Toutes ces histoires m’ont donc pris trois mois de ma vie (je n’exagère jamais). Trois mois pour signer un papier, ouvrir un compte… oui c’est long, surtout quand on est particulièrement motivé à avancer, à conquérir de nouveaux marchés, à signer des contrats en or. En super héroïne de la traduction, j’attendais impatiemment le feu vert pour me lancer dans de nouvelles conquêtes.

Hélas, qui dit changement de statut disait inévitablement hausse de charges. Des confortables 25 % de charges de l’autoentrepreneur en société je devrais dorénavant verser 50 % de charges si on compte les impôts. En clair, si je veux gagner 1 000 euros je dois payer 500 euros à l’État… et là c’est le drame (mais c’est la vie ma petite dame).

Subtilement, j’ai demandé une légère augmentation de tarifs à mes plus fidèles clients. La majorité a accepté sans sourciller, bien consciente du fait qu’en France, les impôts c’est la vie.

La majorité oui, pas l’unanimité.

Car un client a refusé en bloc. Car oui, pour certains, une poignée de centimes vaut mieux qu’une relation de confiance. Ce nein catégorique m’a miné le moral pendant quelques semaines. Moi qui lançais ma petite SARL et qui demandais un coup de pouce financier, je me suis pris une belle claque. Car non seulement il n’a pas accepté cette modeste hausse, mais il en a profité pour me demander de baisser mon tarif, ou, si vous préférez, de l’« aligner sur la grille tarifaire ».

C’est alors qu’après avoir retourné le problème dans tous les sens, je décidai de couper les ponts avec ledit client.

Pari risqué sur l’avenir, mais comment évoluer si la seule chose qui l’intéresse tourne autour des tarifs ?

Cette décision n’a pas été très facile car ce client représentait la moitié de mon chiffre d’affaires. Dire non à 50 % de son salaire, quoi qu’on en dise, c’est délicat. Surtout quand on a un petit bébé et un mari à nourrir (surtout le mari en fait).

J’ai été vexée et déçue de voir qu’après tant d’années de coopération, tout ce qui intéressait cette agence était la variable financière. Comme je le disais un peu plus haut, ce coup de théâtre m’a donné une bonne claque dans la figure. J’ai mis du temps à digérer la « nouvelle ». L’industrie de la traduction m’avait bel et bien dégoûtée.

Quelques semaines plus tard, heureusement, je dégotais un premier contrat avec un nouveau client direct. La traduction d’un magazine pour une école de commerce : génial !

Aujourd’hui, je suis à nouveau motivée comme au premier jour pour donner un coup de fouet à mon activité. Épaulée par mon fidèle partenaire Romain, nous allons tout faire pour dénicher de nouveaux contrats et surtout travailler sur des traductions intéressantes et épanouissantes. Se faire un nom sur le marché de la traduction et de l’édition, voilà un beau défi. On verra ce que l’avenir nous préserve. Pour le moment, tout ce que l’on peut nous souhaiter, c’est une longue vie à notre petite entreprise.

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1 commentaire

  1. « travailler sur des traductions intéressantes et épanouissantes. Se faire un nom sur le marché de la traduction et de l’édition, voilà un beau défi ».
    Tout est dit et bien dit…
    Y’a plus qu’à !
    G.O

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